Le 14 mai 2021, Lary Kidd balance « Le poids des livres ». L’artiste signe une lettre d’amour au rap avec un court album bien ficelé et 100% assumé. Renouant avec Ajust, le jeune homme livre cinq nouvelles tracks à la visée ambitieuse: celle de rendre un rap aussi pur que technique. Revenir aux bases, sans être basique. Posant un regard lucide et perçant sur sa vie, Lary Kidd ne se contente pas d’injecter un sens unique aux paroles qu’il prononce. Il impose sa signature d’une authenticité désarmante avec des textes cinglants, juxtaposant références adroites à la culture pop, critiques sociales incisives et fantasmes épicuriens. Dénué de prétention outre celle d’une musique à la qualité irréprochable, le EP, fruit de huit mois à peaufiner la matière en studio, aborde toute sorte de sujets, avec plus ou moins de précision. Avec un titre plus cryptique qu’il n’en parait, on saisit que la chose est voulue comme ça, dans l’allusion. C’est que la vérité se trouve souvent dans l’espace entre les lignes, tenant sur la table ou ailleurs, de toute façon. Et elle est toujours dense. 

Depuis son arrivée sur la scène au tournant de la dernière décennie, Lary Kidd a su laisser une marque indélébile sur le rap québécois grâce à sa verve cinglante et son charisme décomplexé. Tant au sein du légendaire groupe Loud Lary Ajust qu’en cavalier seul, le rappeur montréalais collectionne les punch-lines aux images fortes et aux références adroites qui ont marqué les mémoires. Son premier effort en solo, « Contrôle » a suscité bien des réactions à sortie en 2017 de par son propos morose, ses réflexions incisives et ses rythmes fracassants, positionnant Lary comme le porte étendard d’une génération déchirée entre la stabilité et l’ivresse de la nuit.  

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